Foire aux questions : manger cru ?

Manger cru ? Mais quelle mouche vous a piqué ?

“On est plus des hommes préhistoriques !”

… Ah bon ? C’est pas parce qu’on a des ordinateurs hyper sophistiqués sous les yeux que notre patrimoine génétique, lui, a suffisamment évolué pour manger cuit… En réalité, nous sommes toujours constitués comme les hommes d’il y a plusieurs centaines de milliers d’années, principalement frugivores (la définition d’un fruit est très large). L’évolution est en réalité trop lente pour avoir intégré en nous la digestion de tous les aliments qu’on s’inflige.

Vous avez pas remarqué ? Quel est la première chose qu’on vous recommande si vous voulez faire un régime ? Si vous avez un problème de santé ? Si vous voulez faire une détox ? “Mangez plus de fruits et légumes”. Il y a quelque chose là-dedans, non ?

Ça serait pas que les fruits et les légumes sont l’aliment normal de l’être humain ?

Je me suis toujours demandée, en classe, petite, on apprenait le régime de tous les animaux, mais jamais celui de l’être humain, car on ne sait plus ce que c’est…

Quand on mange cru, on mange vivant. C’est-à-dire que l’on mange de l’énergie pure, que nous transmet tel ou tel fruit. Une fois cuit, on ne mange qu’un aliment mort. Car le fruit ne pourra plus donner la vie. Essayez de planter une pomme crue et une pomme cuite, laquelle va germer à votre avis ? Je sais pas vous, mais en tant qu’être vivant, je préfère manger vivant.

Moi aussi, j’ai cru que c’était fou au début. Et puis j’ai essayé…

 

Manger froid ?

Alors comme ça, manger cru, c’est manger froid ?

Nan, nan ! On considère qu’un aliment reste cru en dessous de 42° (au-dessus, les enzymes sont détruites, puis les vitamines, etc.), donc on peut tout à fait se délecter de soupes tièdes (en réalité une température très agréable, puisque c’est celle du corps, de plats ou desserts réchauffés au déshydrateur (ou four à basse temp.).

En réalité, on s’habitue vite, et au bout d’un moment, l’idée du réconfort psychologique de manger chaud en hiver finit par passer. Et puis en réalité, on ne mange pas “froid”, on mange à température ambiante !

Et si on est “yin” ? La médecine chinoise dit qu’il faut manger “chaud”, on aura traduit manger cuit. En réalité, on se réchauffe très vite en ajoutant des épices et en densifiant ses repas (plus de matières grasses, moins d’aliments aqueux).

 

Croquer des carottes et vivre de salades ?

“Mais ça doit être ennuyeux, non ?”

Pas plus que de manger des pâtes ou du riz tous les jours en changeant juste la sauce ☺︎

En vrai, non, pas de quoi s’ennuyer si on est un peu curieux et qu’on aime explorer de nouvelles sensations. Au quotidien, apprendre quelques recettes de sauces salades que l’on adore, quelques pâtés végétaux, des smoothies, et ça roule, les fruits se laissant savourer car ils se suffisent à eux-mêmes…

Et pour des occasions, on apprend des recettes de faux-mages ou frawmages, de gâteaux crus, de plats de légumes, et pour ça, on peut demander aux cRAWquantes.

tarte végane et crue carotte chèvre cumin
Dites-moi si cette tarte crue et végane “carotte-chèvre-cumin” a-t-elle l’air ennuyeuse ?

Mais manger cru, c’est indigeste ?

“Moi si je mange ton chou cru, je ne le digère pas.”

Hmmm… Oui, ça arrive, et ça signifie que vous avez besoin d’un sacré nettoyage intestinal, car en réalité, nous sommes faits pour manger les aliments bruts que nous proposent généreusement arbres et plantes, dont en échange, on se doit de semer les graines… Dans la nature, on ne trouve pas de sauté au carottes sur les arbres, non ?

En réalité, nous serions faits surtout pour manger des fruits et des légumes à feuilles vertes, en gros, ce qui pousse au-dessus de la surface du sol (et non pas sous la terre), alors si vous êtes particulièrement sensible des fibres des tubercules, contentez-vous de fruits et de feuilles vertes avant de vous renforcer !

Alors si certains aliments “coincent”, concentrez-vous sur ce qui ne coince pas (fruits ?), et mangez les légumes en jus, en smoothie, lactofermentés, ou en dernière ressource, à la vapeur.

 

Mais c’est quoi la crusine ?

La crusine, c’est une cuisine, crue ! On peut s’amuser en mangeant cru, imaginer des préparations, des textures, des mélanges, des repas complets… Et même si au quotidien on mange simple, c’est chouette de temps de retrouver ce temps “social” qu’est la préparation d’un repas !

Alors on s’arme d’un bon couteau et d’une planche. La base.

Et puis pourquoi pas d’une mandoline, d’un blender.

Et plus tard on s’offre un déshydrateur, un spiraliseur, etc.

On peut même imaginer des recettes qui imitent nos recettes traditionnelles : burgers, pizzas, sushis, fromages, cheesecakes, sorbets, etc.

Selon les écoles, il y a plus ou moins d’ajouts d’ingrédients “pas crus”, chez les cRAWquantes, on préfère au maximum ce qui est naturel et le moins transformé possible.

 

Il y a des aliments qui sont plus sains cuits/transformés ?

Youhouh ! La légende du lycopène de la tomate, on t’attend par ici !

Pour ne citer que cette exemple, voilà ce qu’il se passe. Vous lisez un article où il est dit que le lycopène (antioxydant) de la tomate augmente drastiquement quand on la cuit. Mais ce qu’on ne vous dit pas, c’est comment on la cuit. Donc impossible de savoir comment reproduire l’expérience à la maison. Ensuite, on ne vous dit pas non plus ce qu’il advient des autres micronutriments…

Si il y a trois fois plus de lycopène mais zéro vitamine C (disparait au dessus de 60°C), et que les minéraux précipitent pour devenir inorganiques (donc non assimilables, notamment l’acide oxalique, cuit, il s’accumule dans les reins), est-ce que ça vaut toujours le coup ?

Et si je vous dis que de toute façon en mangeant au moins 80% cru, on a pas besoin de cette petite quantité de lycopène en plus, puisqu’on a déjà une alimentation chargée de minéraux, vitamines, antioxydants…

Alors, tu veux toujours la manger cuite ta magnifique tomate du jardin ?

 

Ça coûte cher ?

Il y a plusieurs attitudes. Passer du jour au lendemain à un régime pâte/riz/pizza-en-carton à trois cageots de fruits et légumes bio par semaine, ouais ça peut faire une différence.

Mais on est pas obligés d’aller au magasin bio du coin, où les légumes sont souvent chers : allez découvrir votre maraîcher sur le marché du coin, faites la fin des marchés, rapprochez-vous des assos qui récupèrent des légumes abîmés, trouvez une AMAP ou un Jardin de Cocagne, devenez glaneurs, et même, vous pouvez aussi apprendre à jeûner…

Ce qui coûte cher, ce sont les oléagineux, au début, on en consomme beaucoup, puis on apprend à limiter. Les fruits, en France, sont aussi très chers, mais il y a moyen d’en trouver dans les villes ou de faire des cueillettes chez les maraîchers. Et les légumes, si vous avez la main verte, ça pousse tout seul, alors on se met au jardin (ou au balcon !).

Et puis je vous raconte pas qu’au bout de quelques semaines/mois, on a plus besoin de tous ces produits pour avoir une belle peau/sentir bon/se karchériser le corps, ni de tous ces médicaments pour soigner tel ou tel chose, même si c’est juste une migraine…

Et ça allège sacrément le portefeuille ! Combien de kilos de bananes pour une crème antirides bio à 35€ ?

Manger cru et bio ?

C’est quand même mieux. Plus de minéraux, nutriments, etc, et moins de gâchis, on mange la peau de tout, ou presque !

Et si on a vraiment pas les moyens de manger bio ? Ou qu’on a accès qu’à des légumes de production industrielle ? Et bien qu’à cela ne tienne, ça vaut toujours mieux que le reste. Dans ce cas, privilégiez le local, ce qui pousse à deux pas de chez vous !

N’empêche, avant, je ne trouvais pas forcément plus de saveurs dans les légumes et fruits bios que dans ceux du supermarché du coin, calibrés, cirés et emballés. Et bien, aujourd’hui, mon palais s’est affiné, et une simple pomme bio/sauvage peut avoir un goût merveilleux et dix fois plus intéressant que n’importe quelle friandise. Et meilleure qu’une pomme traitée aux pesticides et hors saison.

Ah oui, parce que quand on mange cru, on mange de saison. Si c’est pour acheter de l’eau amère à prix d’or sous forme d’un fruit rouge, en hiver, que l’on essaye de continuer d’appeler tomate, non merci.

une belle orange
Une belle orange, ça se mange l’hiver

Être crudivore = être vegan ?

Généralement oui. Parfois, il y a des personnes, pour des raisons de santé qui ont besoin du côté stimulant ou des matières grasses saturées de la viande. D’autres qui aiment simplement en manger de temps en temps, sous forme crue (jaune d’œuf, chair de poisson, crustacés) ou séchée (chair de mammifères).

En connaissant les problématiques inhérentes à la cause animale, environnementale, de santé, chacun est libre de s’alimenter végétalement ou non.

Chez les cRAWquantes, nous ne sommes pas pour le dogmatisme. Même si les cours sont végétaliens, vous êtes libres de me poser des questions sur le sujet, et de faire comme bon vous semble à la maison. No judgment.

Pareil pour le miel.

 

Faut-il être crudi à 100% ?

Comme dit plus haut, pas de règles. Ici chacun fait comme il veux/peut.

Ajouter des aliments bruts, naturels, végétaux, quelle qu’en soit la part, c’est déjà faire un pas vers de l’énergie, de la vitalité, du bonheur !

De toute façon, de par notre nature, nous sommes sociaux, et notre société actuelle ne nous permet pas vraiment de s’alimenter comme ça à plein temps : soirée entre amis, restaurants, fêtes de fin d’année, anniversaires, etc.

D’ici à ce que tout le monde soit crudivore, on aura le temps goûter à tous les fruits du monde !